
Le premier semestre 2025 a vu les marchés encaisser une hausse massive des tarifs douaniers américains, un programme de déréglementation sans précédent et des plans de relance en Europe et aux États-Unis. Les indices actions mondiaux ont pourtant rebondi après leurs creux d’avril pour revenir proches de leurs sommets historiques. Ce décalage entre le bruit politique et la trajectoire des actifs financiers mérite d’être décomposé par classe d’actifs, parce que toutes n’ont pas réagi de la même façon.
Obligations, actions, immobilier : des trajectoires qui divergent en 2025
Les marchés ne forment pas un bloc homogène. Le tableau ci-dessous synthétise la dynamique observée sur trois grandes classes d’actifs au cours des derniers trimestres, d’après les données disponibles dans les analyses de Columbia Threadneedle, JLL et Russell Investments.
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| Classe d’actifs | Tendance récente | Signal à surveiller |
|---|---|---|
| Actions mondiales | Rebond marqué depuis les creux d’avril, niveaux proches des sommets historiques | Élargissement du peloton de tête au-delà des méga-capitalisations technologiques |
| Obligations (taux) | Cycle de baisse des taux directeurs entamé, mais rythme incertain | Nouveau régime obligataire de moyen terme, rendements encore attractifs sur certaines maturités |
| Immobilier d’entreprise | Reprise sélective sur les actifs prime (logistique, data centers), volumes en hausse d’environ 18 % sur un an dans certains marchés mondiaux | Liquidité transactionnelle remontée mais encore inférieure aux rythmes d’avant-crise |
Ce qui ressort, c’est que la reprise n’est pas uniforme. Les actions ont retrouvé leurs niveaux antérieurs rapidement. Les obligations offrent un contexte différent de celui des dix dernières années. L’immobilier commercial redémarre, mais uniquement sur des segments très ciblés.
Pour suivre ces évolutions au fil des semaines, l’actualité sur Full Invest détaille les mouvements par classe d’actifs et les arbitrages possibles.
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Nouveau régime obligataire : ce que change le cycle de baisse des taux
Les sites d’actualités boursières restent très focalisés sur le CAC 40 et les indices américains. Le marché obligataire, lui, traverse une recomposition de moyen terme que peu de flux d’information grand public détaillent.
Columbia Threadneedle parle d’un nouveau régime obligataire caractérisé par des rendements structurellement plus élevés qu’au cours de la décennie 2010-2020, combiné à un cycle de baisse des taux directeurs qui s’amorce. Ce régime n’est pas un simple retour à la situation antérieure.
Ce que cela implique pour un portefeuille diversifié
Un investisseur qui avait déserté les obligations au profit des actions pendant la période de taux zéro se retrouve face à un arbitrage nouveau. Les obligations redeviennent une source de rendement réel, pas seulement un outil de couverture.
En revanche, le rythme de la baisse des taux reste incertain. Les banques centrales doivent composer avec des pressions inflationnistes résiduelles et des politiques budgétaires expansionnistes des deux côtés de l’Atlantique. L’idée d’un retour rapide aux taux proches de zéro paraît écartée par la plupart des analyses disponibles.
Immobilier d’entreprise : la reprise ne concerne pas tous les segments
Les données JLL montrent une hausse des volumes d’investissement direct sur certains marchés mondiaux, mais cette reprise est très sélective. Trois types d’actifs concentrent l’essentiel de la demande :
- Les bureaux de très bonne qualité en centre-ville, dits « prime », dont la vacance reste faible comparée aux immeubles secondaires
- La logistique haut de gamme, portée par les besoins du commerce en ligne et les exigences de proximité des derniers kilomètres
- Les data centers, dont la demande explose avec le déploiement des infrastructures liées à l’intelligence artificielle
Les actifs secondaires ou mal positionnés restent en difficulté. La distinction entre immobilier « core » et le reste du marché n’a jamais été aussi marquée.
Liquidité transactionnelle : un indicateur à ne pas négliger
La vitesse d’exécution des transactions immobilières reste inférieure aux rythmes observés avant la crise sanitaire.
Pour un investisseur en SCPI ou en immobilier non coté, cette donnée compte. Un marché où les transactions prennent plus de temps à se conclure signifie des délais de sortie plus longs et une prime de liquidité à intégrer dans le calcul de rendement.

Élargissement du marché actions au-delà des géants technologiques
Russell Investments souligne un phénomène qui a commencé à se matérialiser : le peloton de tête des marchés actions s’élargit. La concentration extrême de la performance sur une poignée de méga-capitalisations technologiques américaines, caractéristique de 2023-2024, semble s’atténuer.
Les fondamentaux ont récupéré presque entièrement les pertes liées à l’épisode tarifaire d’avril. Les estimations de croissance des bénéfices sont revenues à des niveaux proches de ceux d’avant le « Jour de la libération ».
À l’inverse, cet élargissement ne signifie pas que toutes les valeurs profitent de la hausse. Les marchés émergents exposés aux tarifs douaniers américains restent sous pression, et la sélectivité sectorielle demeure un facteur de différenciation majeur entre les portefeuilles.
Gestion active et flux de capitaux
Dans un marché moins concentré, la gestion active retrouve un terrain de jeu plus favorable. Quand cinq valeurs portent la totalité de la performance d’un indice, la gestion passive domine mécaniquement. Quand la performance se diffuse, la sélection de titres redevient un levier de surperformance mesurable.
Les flux de capitaux reflètent cette évolution. L’intérêt pour les stratégies diversifiées, incluant obligations et actifs réels, s’est renforcé par rapport à la concentration exclusive sur les indices technologiques.
Le marché des investissements mi-2025 se lit à travers trois mouvements simultanés : un régime obligataire qui offre à nouveau du rendement réel, un immobilier commercial en reprise partielle sur les seuls actifs de qualité, et des marchés actions qui commencent à récompenser la diversification.
La donnée à retenir reste celle de la liquidité immobilière, encore loin de sa normalisation complète, qui rappelle que la reprise en cours n’efface pas toutes les contraintes héritées des années récentes.